UNITE POPULAIRE
" L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir. "
Jean Jaurès
Lundi, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé que les producteurs
français de fruits et légumes devront rembourser les aides publiques versées par l'état de 1992 à 2002. Cette décision correspond à une demande de la Commission européenne qui avait demandé
fin janvier à la France de récupérer plus de 338 millions d'euros d'aides publiques au nom de la concurrence internationale.
Ainsi Bruno Le Maire fait le choix de condamné une profession déjà bien mal au point. Car l'agriculture française n'a su résister depuis de nombreuses années que par les transfusions de
subventions. L'économie capitaliste a toujours étouffé les petits agriculteurs au profit de l'industrie agricole (et au détriment de l'écologie).
Pire, ce remboursement qui pourrait avoir lieu en septembre, ne serait pas de 338 millions mais de 500 millions d'après les médias. La différence serait due à "un taux d'intérêt". Esse la
transformation de subvention en crédit et sans accord préalable avec les bénéficiaires ? Ou pour avoir une marge de manoeuvre si les agriculteurs se révolte et ne veulent pas
rembourser. D'ailleurs le ministre de l'agriculture commence déjà à dire que ce ne sera "qu'une partie " de la subvention qui devra être rembourser.
La commission européenne accuse le fait que ces subventions ont été utilisé pour concurrencer l' Espagne et les Pays Bas. Mais c'est cette concurrence qui étouffe les agriculteurs (et
qui polluent l'air par le transport des marchandises). Un état devrait-il laisser mourir tout un secteur d'activité, laissant dans la misère ceux qui en vivent ?
Tout a commencé par la mise en place des règles Européennes. Le but était d'aider le capitalisme par un système économique européen puis par la mondialisation. C'est la mise
en place du libéralisme Européen et planétaire. Les états Européens se doivent donc de suivre ces règles. Si la cour Européenne juge qu'un état entrave cette concurrence, elle
condamne l'état en question à payer une lourde amende.
C'est pourquoi les gouvernements Français succéssifs ont petit à petit, et sans scrupule, permis de faire disparaitres ou de réduire l'activité de nos services
publics (transports, enseignement supérieur, recherche, santé, services bancaires, services postaux...). Bien entendu ils se sont toujours abrité derrière l' Europe. Une méthode plus
hypocrite encore est de créer un déficit (exemple: la sécurité sociale) en multipliant les exonérations de cotisations sociales à un grand nombre d'entreprises, pour soit disant favoriser la
formation ou l'emploi. Ce déficit enfin créer, il est facile de prétexter que le système public n'est pas efficace pour en diminuer les "dépenses". C'est ainsi que, par exemple, on diminue les
sommes remboursées pour les traitements médicaux (incitant donc l'utilisation des mutuelles).
Mais quelles sont les liaisons dangereuses entre la concurrence libre et non faussé et l'agriculture ?
Analysons en profondeur le système capitaliste. Pour gonfler les capitaux, le plus simple est de dévelloper le secteur tertiaire (banque, assurance ...). Car il est clair que
ces secteurs sont les plus juteux pour les capitalistes. Ils permettent même de fabriquer de l'argent qui ne correspond à aucune marchandise matérielle (vente de compte, crédit,
actions...). Pour que ce secteur se développe, il est nécessaire d'avoir une masse importante de technicien de la finance. Si la main d'oeuvre qualifié est plus répandu, elle en devient
moins chére et plus corvéable. Il faut ainsi qu'il y ai plus de population qui travaille dans les bureaux et donc diminuer l'activité des autres secteurs.
Cependant l'alimentaire est tout de même rentable et les capitalistes s'intéressent à toutes les formes de la rentabilité. Il faut pour rendre l'agriculture rentable en termes
capitaliste l'industrialiser et diminuer le nombre de petits agriculteurs indépendants. Car il existe encore, en France, de nombreux petits producteurs. Alors qu'aux États-Unis par
exemple, les productions agricoles sont dépendantes de quelques grands groupes et fonctionnent comme une industrie, avec moins d'employés et plus d'automatisations. Pas étonnant donc de
voir ce pays cultiver la mal bouffe et les OGM. Pas étonnant non plus de voir notre éducation nationale dévaloriser tout les métiers manuels.
Les conséquences de l'argent roi et du manque d'agriculteur sont pourtant connus: désertifications des campagnes, pollutions des eaux et des terres, diminution de la qualité des produits et
de la qualité de vie, importation massive rendant un pays dépendant à d'autres, transports polluants, manque de connaissance sur la provenance et les méthodes de productions, sous-emploies mal
payés et dans des conditions parfois inhumaines...
Quant à l'état ou plutôt aux états, ils n'agissent que pour faciliter l'économie capitaliste. Pourtant leur objectif premier n'est-il pas de permettre à chacun d'être heureux,
en exersant son travail librement et équitablement ? Cela fait bien longtemps que l'on y pense même plus. Les règlements Européens ne sont là que pour faciliter la spéculation
boursière. Et ce n'est pas la mise en place des quotas de productions qui régulent l'économie. La surproductions mondiale ne s'arrêtera pas ainsi et les prix, par conséquence,
s'éffondre. Dans le film "pas de pays sans paysans" nous voyons bien les conséquences de ces quotas. Un producteur laitier est forcé de déverser dans son champ tout le lait produit en
surplus des quotas. Le comble, comme l’explique ce dernier, est qu’on oblige les vaches, à grand renfort d’hormones, à produire jusqu’à 50 % plus de lait qu’elles ne le feraient normalement.
Voilà le résultat de l'industrialisation des élevages accompagnés par les quotas. Mais puisque les capitalistes du mondes veulent tous leurs parts de bénéfice de l'agro-alimentaire, rien ne
limitera la surproduction mondiale et les prix chutent.
La politique agricole commune a donc bon dos. Elle fut créer à la base pour "aider" les agriculteurs. Pour être compétitif face à la production européenne et mondiale l'agriculteur est
obligé de diminuer les prix. Certains vendent même à perte, avant de mettre tôt ou tard la clé sous la porte. La P.A.C. ne sert plus qu'à développer la dépendance financière des
petits agriculteurs envers l'Europe, avant de les liquider totalement. Pire elle donne des subventions aux méga-industries de l'agro-alimentaires. Ainsi, les groupes Nestlé et Tate
& Lyle ont perçus en 2008 respectivement 1.018.459,69 livres et 965.796,78 livres. Au vue de leurs bénéfices, on ne peut pourtant pas dire qu'ils souffrent de la compétition
mondiale.
Dans un second temps, alors que le paysan européen subis les quotas et la baisse des prix, l'agriculteur d'un pays extérieurs à l'Europe qui cultive des produits identiques (en
Afrique par exemple pour les céréales) souffre lui aussi de la chute des prix mondiaux. Et puisque la P.A.C. facilite et encourage l'exportation, l'acheteur
africain va trouver un produit européen sur le marché moins cher que celui qui est produit est cultivé dans son pays. La P.A.C. pénalise donc aussi des personnes ne vivant pas
en Europe et empêche même des pays à se dévelloper économiquement.
D'ailleurs ce phénomène se produit également en Europe. Nous trouvons dans les rayons des grandes surfaces beaucoup plus de tomates espagnoles que des tomates locales. Cela permet aux
distributeurs de faire des marges plus grosses, puisqu'elle sont moins chéres. Le petit producteur espagnol en a-t-il les bénéfice ? NON. La concurance et les subventions ont-elles réellement
permis à l'agriculteur français de vivre déçamment : NON
Cerise sur le gâteau de la P.A.C. , La reine Elizabeth, 214ème fortune de son royaume avec 270 millions de livres a reçu en 2008 un total de 473.583,31 livres (environ 530.000 euros) pour son
domaine privé autour du château royal de Sandringham, dans l'est de l'Angleterre.
En demandant le remboursement de ces subventions, l'état français et l'Europe veut porter un grand coup sur les petites productions. Ne nous leurons pas sur leurs intentions. Leur
but est laisser la place nette aux agro-industries. La capitalisme n'a d'autre raison que l'argent roi et sa spéculation. Alors que des solutions réellement plus humaines et plus écologiques
existent et que les agriculteurs ne se laisserons sûrement pas faire ...
(à suivre)