Jeudi 6 août 2009
4
06
/08
/2009
09:23

C'est le journal "les échos" qui dans son édition d'aujourd'hui, pratique la
surenchère de révélation. Ce quotidien affirme que le montant des aides que les agriculteurs devrait rembourser ne serait pas de 500 millions (comprenant 338 millions + des intérêts de retard) mais
de 700 millions. les 200 millions supplémentaires serait dus aux indemnisation professionnelles reçus par la profession. Le journal reconnaît pourtant que
"La somme exacte n'est pas
connue"mais qu'il s'appuierait sur
"des sources proches du dossier". On ne peut donc être plus flou. Surenchère médiatique ou réelle révélation ?
Le ministre de l'agriculture reste également dans le flou. Il a annoncé lundi son intention que les agriculteur devrait rembourser et nous dit aujourd'hui qu'il va négocier pour réduire le coup du
remboursement. Il se défend en prétendant prendre ses responsabilités. Mais sa responsabilité ne serait-elle pas de dire non à Bruxelle ? Mais ceci serait étonnant de la part d'un membrede
gouvernement pro-libéral. Il se défend aussi en indiquant que les agriculteur en situation difficile ne devraient pas payer. Ainsi ceux qui ne le sont pas le deviendrons et seront eux aussi en
difficulté après le remboursement. Ce qui revient donc à pénaliser les petites et moyennes exploitations qui arrivaient à s'en sortir et avantage les agro-industriels qui eux pourront largement
résister à ce coup porté à l'agriculture.
De plus les positions du gouvernement sont tout aussi flou puisque M. Novelli, secrétaire d'état à la consommation
"exclus un quelconque remboursement à court terme de ces
sommes".
Pour José Bové, élu européen d'Europe Ecologie,
«il est clair que les agriculteurs ne doivent pas rembourser. S'ils recevaient une lettre leur disant vous devez rembourser, moi je les
incite à refuser et à désobéir, parce que c'est injuste, c'est amoral et que c'est quelque chose qui est complètement contraire à la situation actuelle (de crise, ndlr) que vivent les
paysans.». Pas étonnant de la part de l'ancien leader de la confédération paysanne. Cependant sa vision de responsabilité est tout autre puisqu'il dit : c'est
«à l'Etat d'assumer ses
responsabilités». «A partir du moment où l'Etat s'est engagé au niveau européen et que (c'est lui qui) a mis en place ces aides, il savait très bien ce qu'il faisait, puisque déjà l'Europe l'avait
informé que théoriquement il n'en avait pas le droit». Or dans le cadre de l'Europe l'état ne peut rembourser à la place des agriculteurs dans encore une fois s'attirer les foudre de Bruxelle.
De plus on pourrait comprendre de ses paroles que la politique Européenne est normale et juste, alors que c'est elle qui a créer la situation désastreuse actuelle. Pas étonnant de la part de
l'élu d'une organisation qui a accepter le traité de Lisbonne.
La FNSEA a réagi à la demande de remboursement par l'intermédiaire de son président Jean-Michel Lemétayer: «S'il y a une urgence, c'est bien d'aider les producteurs qui traversent une nouvelle
crise catastrophique».
Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPFruits), branche spécialisée de la FNSEA nous précise que les subventions n'ont servie qu'à des«plans de
campagne». C'est à dire des programmes destinés à améliorer le dynamisme des filières de fruits et légumes. «Il n'y a jamais eu de soutien ciblé au producteur mais toujours sur des
investissements collectifs». Bruxelle demande donc aux agriculteurs de rembourser alors qu'ils n'ont jamais vue la couleur des subventions.
Rappelons que la situation économique des producteurs de fruits et de légumes est actuellement très grave depuis le début de la saison : moins 28% pour les abricots, -13% pour les melons, -14% pour
les pêches... Ne nous étonons donc pas si les agriculteurs transforme la chaleur de l'été en véritable canicule.
J'en profite d'ailleurs pour appeler les citoyens et toutes les organisations de l'autre Gauche anti-capitaliste à une solidarité sans faille avec les agriculteurs en lutte.