UNITE POPULAIRE
" L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir. "
Jean Jaurès
Martin Hirch a annoncé, il y a peu, la mise en place de cagnottes pour lutter contre l'absentéisme. Dans un premier temps, les médias de la désinformation ont pratiquement parlé de
rémunération. Bien entendu cela n'a pas manqué de choquer. Le goût du savoir et de la connaissance s'effacerait devant l'intérêt financier.
Mais les précisions qui ont suivie, ont nuancé les réactions. On nous explique donc aujourd'hui qu'il s'agira de récompenser les classes qui ont le moins d'absents, par des voyages ou
autres projets subventionnés. Autrement dit ceux qui ont déjà le goût du savoir auront droit à avoir d'autres connaissances si il s'agit de projet culturel ou d'un peu de loisir si
il s'agit d'aller voir un match de foot. Pour les autres... Rien
Mais quelles sont les causes de l'absentéisme ? Pourquoi aujourd'hui tant d'élève sont absent des bans d'école ? Comment se fait-il que beaucoup de jeune ne voit même pas l'intérêt de s'ouvrir à
la connaissances ? Il y a plusieurs sources à ce problème.
Il ne fait pas de doute que les élèves de milieux sociaux pauvres sont en première ligne des absents. Le fatalisme frappe tous ceux qui ne voient autour d'eux que chômage ou misère salariale. Ma
génération savait déjà que les études ne permettaient pas d'obtenir un travail descent. Alors pour se qui est de comprendre que le savoir est une arme contre toutes oppressions car il permet
d'avoir un esprit critique indispensable à la liberté, on ne peut que comprendre que cette idée est bien loin des préoccupations de la jeunesse. D'autant que les médias qui soutiennent
la société individualiste, grâce à la télé réalité et aux marketing de "modes", ont une main mise sur les esprits. On incite les jeunes à faire des efforts sur leurs images, sur le
m'as tu vue avec mon nouveau téléphone et mon nouveau jean plutôt que sur le développement de l'esprit et du savoir. Et puisque se qui fait fantasmer c'est se que l'on ne peut avoir,
les milieux pauvres y sont bien plus sensibles.
Mais ce rapport entre milieu social et envie du savoir n'est bien entendu pas même évoqué par le gouvernement et les médias. Cela ne ferait que révéler les destructions sociales de l'UMP et
encouragerais à l'émencipation sociale. D'ailleurs regardons les actes du gouvernement sur l'éducation. Ont-ils amélioraient les conditions dans l'éducation ? Ont-ils développé l'égalité des
chances malgré les différences sociales, économiques et géographiques ?
La suppression des postes dans l'éducation nationnale a engendré la sur-population dans les classes, de la primaire au lycée. Les conditions dans les établissements publics en sont
dégradés. Le suivi personnel est devenu pratiquement impossible dans des classes composées en moyennes de 40 élèves. Bien entendu les entreprises privées de soutien scolaire et les
écoles privées se frottent les mains. Dans les primaires des milieux ruraux, certaines classes regroupes 3 voir 4 niveaux différents. Il est donc là aussi difficile pour les
instituteurs de donner une aide individualisé. De plus la décentralisation a provoqué des inégalités de financement entre les régions riches et les pauvres. Les priorités éducatives ne sont donc
plus les même selon le secteur économique développer dans chaque région. Les choix individuels de l'élève s'effacent devant les choix politiques des régions. L'éducation nationale n'offrant qu'un
service public au rabais, les parents qui le peuvent préfèrent envoyer leur enfants dans le privée. Ainsi cette logique menace l'école républicaine laïque, équitable et accécible pour
tous.
Au vue de toutes ces dégradations des conditions d'éducations et donc de l'augmentation de la pénibilité dans l'apprentissage du savoir, comment pourrait-on croire que l'absentéisme
n'augmenterait pas ?
Pourtant il était possible d'apporter des avantages à l'éducation nationale. Outre la diminution des effectifs d'élèves dans les classes et l'augmentation et la prise en charge des
budgets par l'état pour l'éducation, on pouvait très bien donner de nouvelles opportunités pour que les élèves soient motivés par le goût du savoir et de la citoyenneté. Chaque élève
pourrait par exemple réaliser un projet individuel dans le cadre du programme scolaire. Les passions et engagements seraient soutenus et serviraient à développer les connaissances générales et
spécifiques de chaque élèves. Cela transformerait la méthodes éducatives de l'éducation nationale, en la rendant plus participative. Les Conseils de Vie Lycéenne pourrait également disposer d'un
budget pour que les représentants des lycéens choisissent directement le domaine financer. Bien entendu les membres de ces conseils déjà existant pourrait être formé aux compétences utiles pour
gérer un budget. Cela permettrait d'ouvrir les lycéens à la politique et à la participation citoyenne, tout en les protégeant de toutes manipulations politiciennes. Mais cette démocratie
participative ne saurait être mis en place par ceux qui attaque même les fondements de la démocratie républicaine (séparation des pouvoirs, liberté de la presse ...).
Les manoeuvres gouvernementales ne visent qu'à instaurer une méritocratie plutôt qu'une démocratie participative. Ils nous fabriquent encore et toujours une élite dominante qui n'a aucun
soucis pour accéder à l'éducation, opposé automatiquement à un peuple pauvre qui ne bénéficie que de très peu de moyen d'accès au savoir. Le peu d'esprit critique populaire d'aujourd'hui
existera-t-il encore d'ici quelques année ?