UNITE POPULAIRE
" L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir. "
Jean Jaurès
On connaissait avec Sarkozy le débauchage politique. On connaît maintenant ceux qui se s’accoquinent sans sollicitation aucune. Tel est le cas de quelques caciques de la nomenklatura du PC régional qui font fi de l’expression majoritaire et démocratique exprimée sans ambiguïté au sein de leur parti.
Il y a peu ces mêmes leaders vouaient aux gémonies les déviants en délicatesse avec l’orthodoxie politique. On est en droit de se demander, pour le moins intellectuellement et moralement, comment
ils peuvent continuer à appartenir à une structure contre laquelle ils vont combattre à l’occasion de la campagne électorale, comment ils peuvent à la fois être dedans et dehors, ne pas être
contraints de quitter leur parti puisqu’ils n’arrivent pas à le faire de leur propre chef ?
Pour ce qui concerne Gayssot, Garino et les j’en passe, il faut supposer qu’ils sont toujours au profond de leur être porteurs du centralisme démocratique dont le commandement s’effectue du haut
vers le bas. Ou peut-être pensent-ils que la possession du pouvoir mérite qu’on y sacrifie l’idéal dont on a fait longtemps l’étalage. A les écouter, ils jugent que « le bilan (régional de
G. Frêche) est globalement positif ». A moins qu’il ne soit, dans le cadre d’une lente dérive, pour la liquidation pure et simple de leur parti sur le modèle italien.
Pour le PC l’explication est plus compliquée, quasiment d’ordre psychanalytique. En profonde mutation, il n’a de cesse de prouver qu’il n’est plus stalinien et pour cela avale des couleuvres
qu’il devrait refuser d’ingurgiter. Mais c’est son affaire.
Appartenir à un parti de gauche, le PC ou un autre, ce n’est pas, au gré, être dedans ou dehors. Cela ne se peut. Adhérer à un parti c’est être en accord avec son énoncé politique et se mettre en
situation militante. Ce n’est pas pour autant perdre sa liberté de conscience, sa liberté d’expression et de critique, mais c’est cependant accepter la décision majoritaire et s’y conformer. Nul
ne peut prétendre adhérer au socialisme si par son comportement il donne à entendre qu’il est la démocratie à lui seul, ce qu’il fait lorsqu’il déroge à accomplir ce qui a été voulu par tous ou
qu’il force la volonté des autres par un oukase. Le socialisme c’est l’acceptation du fait démocratique comme discipline. Toute velléité d’individualisme révèle qu’on appartient à un autre
système : le libéral, pour le moins qu’on ne s’est pas débarrassé de son ego. J. Généreux en son livre Le socialisme néomoderne ou l’avenir de la liberté en établit le raisonnement.
Il appartient donc à un socialiste de servir la volonté majoritaire dès lors, bien entendu, qu’il n’est pas porté atteinte aux droits humains.
Notre époque nous a éduqué, insidieusement, subrepticement, aux idées libérales, dont celle de l’individu possédant son libre-arbitre comme si ce dernier ne devait pas être tempéré des effets de
notre appartenance sociale. Il nous faut nous désaliéner, nous décontaminer de cette idée que nous sommes d’abord sans les autres, seulement à côté, strictement à côté, à l’occasion avec.
C’est ainsi aussi que des femmes ou des hommes de gauche se laissent contaminer par des idées d’apparence séduisantes. Ainsi l’expression : « Désobéissance civile », entendue il y
a peu, et qui fait son chemin. Idée droit sortie de l’esprit de David Thoreau - grand et estimable écrivain américain - qui signifie que tout individu a le droit de se soustraire selon sa seule
volonté aux lois de l’Etat auquel il appartient, de refuser de payer l’impôt, ….ce qui est gênant, il faut en convenir, lorsqu’on a l’intention de vivre en société et non comme Thoreau au fond
des bois. Idée qui n’est d’ailleurs pas reprise par le Parti de Gauche qui préconise l’ « Insurrection civique » : celle qui passe par les urnes, c’est à dire celle qui se
donne pour objectif de renverser l’ordre des choses de manière pacifique et collective.
Contribution de Daniel Razzo, militant PG